Greenie and the City



Quand Greenpeace s’empare de facebook

Fort de son succès en 2008, avec sa campagne via un clip parodiant la publicité Dove, Greenpeace récidive, persiste et signe avec pour partenaires priviligiés de la campagne: Facebook et ses membres.

Au coeur de la campagne, cette fois-ci, Nestlé et ses contrats d’approvisionnement avec Sinar Mas (comme Unilever (Dove) en 2008).

Je choisis de revenir sur la campagne de Greenpeace France, puisqu’elle est dans la moyenne de ce qui a été effectué sur Facebook par Greenpeace (International et pays européens).

Phase 1: Lancement de la campagne

  • Le 17 mars, sur Facebook, tous les fans de la page Greenpeace France, dont je fais partie, ont reçu ce message: « Greenpeace dénonce Nestlé, qui contribue à la déforestation en Indonésie. Grignoter une barre chocolatée Kitkat revient à tuer un orang-outang ».
  • La campagne est officiellement lancée. Nous pouvions soit cliquer sur un lien vers le site pour se mobiliser, soit cliquer sur le message et voir, entre autres, un petit film assez efficace…
  • Résultats: Les gens réagissent sur la page de Greenpeace France (et des autres pays) et … Nestlé, qui ne gère pas très bien la crise, il faut bien l’avouer. On voyait bien que Nestlé n’était pas du tout préparé à cela, certes, mais surtout, on aurait dit qu’il n’y avait pas de professionnels de la communication ou mieux de la communication de crise chez Nestlé. Je n’ai pas fait d’impression d’écran, j’aurai dû. Certains commentaires ont disparu! C’est déjà un mauvais point. Surtout, les réponses aux commentaires manquaient de professionnalisme (manque de recul, de respect des commentaires et des personnes qui les écrivent).

En tous cas, le rouleau compresseur Greenpeace + Facebook (et compagnie) était en marche.


Phase 2: piqure de rappel de Greenpeace

10 jours plus tard (le 26 mars 2010), Greenpeace France poste ce message sur sa page : « Consom’action : Pour les fêtes de Pâques, mangerez-vous du chocolat fabriqué avec l’huile de palme issue de la déforestation en Indonésie ? » Avec pour illustration l’image suivante:

Disuasif, non?

Phase 3: Greenpeace reste vigilant

Le 3 avril, un article du Monde titre «  Accusés par les ONG de contribuer à la déforestation, Unilever et Nestlé changent de fournisseurs en Asie. ».

Greenpeace France publie l’information et contrebalance en publiant: « Et n’oubliez pas : pour ce week end de Pâques, choississez les bons chocolats ! Faites passer le message 😉 »

Toujours avoir le dernier mot, c’est ce qui reste dans les mémoires.


Phase 4: Et… action!

Greenpeace ne se laisse ni berner, ni abattre et agit sur tous les fronts, c’est le moins que l’on puisse dire.

Les 15 et 16 avril. Greenpeace France relaie les actions de leurs activités et appellent au soutien:

  • « En Allemagne devant le siège de Nestlé, nos activistes ont mis en place un mur de tweets. Si vous avez un compte twitter n’hésitez pas à poster un tweet avec le hastag #nestle, il sera affiché en direct (pour voir les derniers tweets : http://twitterwall.greenaction.de) ».

Information et interaction!

  • « Des militants de Greenpeace entrent à l’AG de Nestlé… par le toit (…). Deux activistes sont descendus en rappel dans la halle de Beaulieu, après avoir scié une ouverture dans le toit à la tronçonneuse. Armés d’un panneau, ils protestaient contre l’usage de l’huile de palme. » Photo et vidéo à l’appui.
  • « En Suisse, en Allemagne, Greenpeace multiplie les actions de protestation contre Nestlé. Ce matin, à Francfort des activistes de Greenpeace ont déployé sur la façade du siège de Nestlé une immense bannière sur laquelle était demandé à la multinationale suisse « d’accorder une pause aux Orang Outans ».

Phase 5: Greenpeace France annonce que le combat n’est pas terminé

28 avril: « Nestlé a rompu son dernier contrat d’approvisionnement direct avec Sinar Mas le mois dernier mais continue d’acheter de l’huile de palme de manière indirecte via le géant du négoce des matières premières agricoles Cargill. »

Pour conclure

En relançant les internautes à un rythme régulier, Greenpeace France a su maintenir l’attention des internautes, interagir avec eux et par la même maintenir la pression sur Nestlé. Greenpeace France n’en est pas à son coup d’essai. Nous sommes tous d’accord, je pense, l’ONG maitrise les outils de campagne terrain, online et offline depuis longtemps. Cependant cette campagne est – par la réactivité des acteurs et les résultats obtenus en seulement 6 semaines – révélatrice du poids que peuvent avoir des médias, comme les réseaux sociaux, quand ils sont maitrisés. En un laps de temps assez court finalement, Greenpeace en France et ailleurs a su faire réagir, interagir et avoir des prémices de résultats visibles.

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